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Incitateur [libre]

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Alia
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Celle-qui-écoute
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Message Sujet: Incitateur [libre] | Dim 22 Mar - 18:59

Apprend le silence et tu apprendras à entendre.

Léger murmure du fond des âges. Paupières closes, Alia laissait le flot constant des souvenirs l’envahir. Lentement, elle s’empreignait de tous les enseignements qu’elle avait pu recevoir. Fermant ses sens un instant, seule l’expérience demeurait. Dangereux exercice. Un soupir. Les pensées s’envolaient. Elle rouvrit les yeux. Les dernières traces de savoir s’effacèrent. Elle venait de condenser tous ses souvenirs et d’un revers les avait balayés. A présent, il ne restait plus rien. Elle s'ouvrait à ce que lui offraient ses sens. Il s’agissait d’une réceptivité naïve dans laquelle son esprit enregistrait tout sans l’analyser.

La vérité souffre d’être trop analysée.

Bribe de souvenir. La jeune femme l’écarta, agacée. L’espace d’un instant, elle percevait encore la voix rauque qui murmurait à son oreille. Et le silence se fit de nouveau. Sereine, Alia se leva et quitta la chambre qu’elle occupait pour quelques jours. Elle ferma la porte derrière elle, laissant quelques effets inutiles et rendit la clé à l’aubergiste. Tous ses gestes venaient naturellement, elle n’y réfléchissait pas. Ce ne fut qu’une fois à l’extérieur de l’auberge qu’Alia prit soudainement conscience de la vie qui l’entourait. Les éclats de voix lui parvinrent de toute leur puissance, véritable coups de marteau frappés à la porte de son esprit.

Fermant les yeux, elle percevait le vacarme et l’agitation de la rue. Ses autres sens lui offraient une nouvelle dimension de son environnement. La jeune femme se décida enfin à se fondre dans la marée humaine qui remontait jusqu’au centre de la ville. Elle se laissa emporter dans une douce quiétude. Elle voyait, entendait et sentait tant de vie à la fois. L’expérience était enivrante et à la fois si terrifiante. Elle percevait les accents mornes des marchands. Ils criaient sans conviction, conscient qu’ils ne poursuivaient qu’un rêve de plus. Inatteignable. Forme d’espoir si désolante. Ils avaient tant besoin de se raccrocher à une certitude dans un univers sans absolu. Le propre de l’homme n’était-il pas de refuser l’unique évidence du sens de leur vie, c'est-à-dire de vivre tout simplement ?

A mesure qu’elle avançait, l'esprit d'Alia s'abandonnait à un lyrisme pompeux. Elle s’éloignait de la réalité présente. La jeune femme secoua la tête, recentrant son attention sur l’agitation de la rue. Rapidement, elle se trouva propulsée par la foule au centre de l’immense cité. Ou, du moins, au niveau de la place centrale de la forteresse. Là, la vie semblait intense, rassemblée en un flot presque inhumain. On percevait divers éclats de voix, provenant de marchands et de clients. Mêlés dans une cacophonie de fin de journée. Là bas, accroché à la statue qui ornait le cendre de la place, un crieur de vérités attirait les foules.

La curiosité de la jeune femme fut piquée. Elle se dirigea vers cet homme qui surplombait les autres. Sa voix s’élevait, plus puissante. Il haranguait la foule qui se tassait à ses pieds. Il dégageait une confiance attirante, presque rassurante. Déconcertée, Alia sentait l'aura que dégageait cet inconnu. Elle ne pouvait cependant que la discerner sans en comprendre la nature profonde. La jeune femme se planta non loin de lui et l’écouta avec avidité. Aucun de ses gestes et mimiques n’échappaient à ses sens. Elle emprunta un air légèrement désintéressé et tenta de s’effacer dans la foule afin de mieux l’observer.

Incitateur. C’est le nom qu’elle aurait voulu lui donner. Cet homme ne vendait aucun produit, rien mais ses paroles trouvaient un tel impact dans la foule qui l’observait. Il ne faisait énoncer que quelques vérités sues de tous. Il insufflait une véritable force dans ses mots, les transcendant pour leur conférer plus de vérité qu'ils n'en possédaient. Il interpelait et cherchait à éveiller les consciences de chacun. Cet homme vendait du rêve, tout simplement, à des êtres qui n’en avaient plus. Les gouvernements appelaient de telles personnes des agitateurs. Alia leur préférait le nom d’Incitateurs. Hélas, bientôt, quelques forces armées feraient irruption et l’arrêteraient. Les gens retourneraient à leur occupation, oubliant cet homme. Seulement, pendant quelques heures encore, on verra briller dans leur yeux l'étincelle de rêves nouveaux.

Déjà, la jeune femme sentait la pression de la foule tout autour d'elle. Elle s’agitait. Les chiens d'Inverness ne tarderaient pas à venir montrer leurs crocs soigneusement limés. Il était temps de se retirer. Discrète, Alia se coula dans la foule, s’éloignant du crieur de vérités. Elle en avait vu tant, par le passé. Mais, le temps les usait. Malgré leur talent, leur rhétorique se faisait de moins en moins acérée, brisée par les gouvernements. La jeune femme s’extirpa non sans mal de la foule agglomérée au pied de la statue. Elle poussa un léger soupir une fois sortie. Le jour déclinait et les gens commençaient à prendre le chemin de leur foyer. Alia, pourtant, ne se sentait pas l’âme de rentrer si tôt et de se plonger dans sa morne solitude. Ce soir, elle désirait plus que tout traîner dans les rues de la ville à la recherche d'histoires inédites.

- Hey !

Elle perçut une pointe d'agacement dans la voix qui venait de l’interpeller. Alors qu’elle se dirigeait vers l’extérieur de la place, elle avait senti une épaule cogner violemment contre la sienne. Le geste avait été trop soudain pour qu’elle puisse l’éviter. La jeune femme accusa son inattention et se retourna pour voir le visage de la personne qu’elle venait de bousculer.


Nb : Rp libre à ceux qui se sentent l'envie d'y répondre.


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Coeur d'Encre
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Fleur des Neiges
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Message Sujet: Re: Incitateur [libre] | Mar 28 Avr - 0:21

Loin des terres gelées qui avaient bercé une grande partie de ma vie, je songeais au temps qu'il devait faire sur les monts blancs. Cela faisait quelques temps déjà que j'avais quitté les terres Boréales pour me rendre dans les plaines d'Akylian. Non pas pour une simple envie passagère comme j'aimais le faire et ainsi partir sur un coup de tête, mais plutôt parce que je devais récolter quelques plantes qui ne poussaient nulles par ailleurs que dans cette région si printanière. Bien que le décor fut plaisant à observer et qu'il aurait émerveillé tout homme, sage comme briguant, mon cœur n'arrivait pas à apprécier le moment. M'appuyant sur mon bâton, je ne cessais de courber le dos chaque année, rapprochant ainsi mes cornes un peu plus de la terre encore fertile. J'étais probablement loin d'être âgé en apparence et pourtant ma tête bien trop pleine semblait déjà bien trop fatiguée pour en supporter d'avantage. Ce n'était pas une attitude très sage pour une Maîtresse de ma trempe et encore moins d'une chimère qui avait un aussi long apprentissage. Mais que voulait vous... J'avais pour souhait de me retirer et de me monter en lisière de forêt ou bien encore au pied d'une montagne, une nouvelle petite cabane à l'abri des regards. A force de trop côtoyer les gens, j'avais maintenant envie de solitude, le goût de la bienveillance, de la bonté et la générosité semblaient bien fade sur ma vieille langue râpeuse.

Avais-je perdu mon goût pour l'aventure ? Probablement. Avec le temps, ma vigueur n'était plus aussi explosive. J'avais beau avoir gagné en sagesse et en patience, le manque de diversité me donnait une si petite mine que je n'avais rien trouvé de mieux que ce voyage pour me remettre du plomb dans la tête. Derrière moi je laissais quelques apprenties qui devaient tous, pour mon retour, me conter l'un de leurs exploits qu'ils avaient accomplit pendant mon absence. Celui-ci devait résumer leur apprentissage à mes côtés. Autant dire que c'était là une bien belle évaluation. Simple et pourtant si complexe à la fois. A cette pensée, un léger sourire étira mes lèvres avoir que je passais auprès de la rivière Yeng.

A mon bras, mon panier tressé était plein de champignons, d'herbes, de fleurs, mais également de fruits et de noix que j'avais trouvé en route. Au fond, se reposait à plat, un livre bien lourd dont le cuir était d'un brun sombre. A l'intérieur de celui-ci j'aimais glisser et dessiner mes nouvelles découvertes. Hélas, plus le temps passait et moins j'avais de plantes à ajouter à mon recueil, il semblait que les plantes communes et légèrement rares avaient déjà croisées mon chemin. Pourtant je ne perdais pas espoir de découvrir une nouvelle perle et pour cela, la capitale d'Elfyr allait m'être d'une grande aide.

C'est sous ma forme mi-bête, mi-femme que je m'étira devant les portes de la capitale. Le craquement osseux de ma colonne me fit un bien fou sur le moment et je me convaincue à laisser ma tête sortir de mes épaules. C'est à la place de la ville que je reconnue là, la beauté de la capitale. Cette capitale grouillante de monde ressemblait à une grosse fourmilière géante. Afin de ne pas provoquer de mouvement de foule trop important à la vue de mes cornes, je cachais celles-ci sous le large capuchon de ma cape qui était d'un gris bleuté sombre. Mes doigts osseux tenaient d'une part mon bâton de marche, d'autre part les plis de ma cape pendant que mon lourd panier reposait sur mon frêle bras blanchâtre. Mon allure n'était pas des plus séduisante, bien au contraire et je m'en félicitait presque, car je m'assurais ainsi la tranquillité. Du moins, c'est ce que j'avais l'audace de croire jusqu'à ce que mon regard noir croise celui d'un petit garçon squelettique qui était assit entre deux caisses de poissons peu frais.

Au fur et à mesure que mes pas se dirigèrent vers lui, je sentais comme une odeur de mort émaner de son petit corps. C'est d'une voix douce et pourtant autoritaire que je lui demandais de se lever. Lorsqu'il le fit, j'ouvris alors ma cape et l'accueilli à l'intérieur malgré les croassements de mon vieil ami corbic. Le tenant fermement d'une main par l'épaule, nous nous dirigions vers une taverne quand nous furent bousculés par une femme qui semblait perdue dans ses plus profondes pensées. Malgré le peu de force qu'il avait, le petit émit un grondement de reproche à l'intention de la rêvasseuse. Je le laissais sortir sa petite tête sur le côté pour voir le visage de l'inconnue. Personnellement, je ne prêtais aucune attention à celle-ci jusqu'à ce que l'enfant ne quitte ma cape pour s'approcher de l'inconnue. Le visage creusé par la faim et la fatigue, il ne semblait réunir le peu de force qu'il avait pour lui tendre un objet que je n'avais pas remarquer jusque là.

«  Vous avez fait tomber ça ! »

Surprise, je regardais alors autour de moi. Quand diable avait il ramassé ça ? L'avait il déjà lorsque je lui ai offert la chaleur de ma cape ? Mes yeux totalement noir figés sur l'enfant, j'avançais à pas lent mais grand vers lui. Lorsque je fus juste derrière lui, mon regard d'encre se posa sur l'inconnue, lui dévoilant une partie de mon visage à la lumière du jour. Alors que nos regards se confrontèrent dans un bruit de foule, une voix se fit entendre, plus forte que toute les autres, celle du crieur charismatique qui de son regard perçant avait vu mes cornes et criait maintenant à la chimère. Dans une profonde respiration, mes deux billes noires plongées dans les yeux de la jeune femme, je posais de nouveau une main bienveillante bien que osseuse sur l'épaule du jeune homme à en devenir.

« Allons à présent, j'ai un avenir à te proposer... »

Sans plus de cérémonie, le jeune garçon recula pour retrouver sa place sous ma cape. Je posais par la suite ma main dans ses cheveux sales et laissais mes longs ongles noirs parcourir son crâne. Nous nous retournâmes sans grande rapidité pour nous diriger vers une taverne où l'enfant aurait de quoi se nourrir et se chauffer. C'est sans étonnement que notre chemin fut facilité suite à l'annonce publique du crieur. La mer de ce monde noir se fendait en deux pour nous laisser passer. Minuit s'amusa à me frôler à son tour, agacé de devoir faire halte dans cette ville bien trop bruyante à son goût. C'est alors que dans l'action, un champignon peu commun tomba de mon panier sans que je le sache.

Installés dans le fond de la taverne, le petit bout d'homme et moi nous nous regardions sans pour autant nous dévisager. Je lui commandais du Gruau et un pichet de lait chaud au miel. J'étais assez surprise qu'il soit si docile et je lui donnais sans mal une bonne douzaine d'année.

« Qu'est ce qu'un petit homme comme toi faisait entre deux caisses ? »

Il laissa un temps avant de me répondre par une question, ce qui me fit lever un sourcil.

« Qu'est ce qu'une chimère comme vous peut bien venir faire ici ? »

Plissant mes yeux sombres, je constatais qu'avec amusement, que ce petit était loin d'être idiot et qu'il m'avait déjà montrer son courage et son honnêteté.

«  Je voyage. »

Tout aussitôt il me répondit avant de recevoir son gruau et son pichet de lait chaud.

« Je suis perdu. »

Avec lui, j'allais de surprise en surprise et brusquement notre entretient fut coupé par le crieur qui vint prendre place à notre table. Il n'était pas farouche pour un sou et jouait de son physique avantageux pour se faire une place.
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La Blanche
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Message Sujet: Re: Incitateur [libre] | Dim 24 Mai - 8:44

La Capitale d'Elfyr. Vue d'en haut elle est magnifique, elle semble vide pour peu qu'on soit assez loin dans la ciel, elle brille de mille feux sous le soleil matinal et semble presque pure, un joyau serti de terres colorées. Mais lorsque je descends peu à peu je commence à discerner l'agitation des rues et des ruelles, une masse de gens qui se presse pour traverser la ville ou faire leurs affaires, une marée humaine qui semble presque ordonnée pour peu que l'on soit assez haut dans le ciel, comme un organisme vivant dont les rues seraient des vaisseaux sanguins. Descendons encore un peu, la saleté apparaît, le joyau s'efface, on voit alors la misère et le désespoir, la colère et la faim, la haine et la peur. Les gens ne paraissent plus aller et venir en rang ordonnés, ils se bousculent, s'entrechoquent, chacun muni de sa volonté propre. La ville ne ressemble plus à un joyau ou à un animal vivant, elle est une boule d'angoisses et de vie, d'espoirs et de malheurs. Diverse et vibrante.

Je me perche au dessus de la place centrale, aigle blanc sur ciel nuageux je suis virtuellement invisible. J'écoute le crieur de vérité, ces gens qui hurlent au quatre vents des phrases plus ou moins vraies, plus ou moins porteuses de haine ou d'espoir. Celui-ci ne me semble pas empli de haine à écouter son discours. Dans la foule nombre de gens le regardent un temps avant de retourner à leurs ies mais une femme se détache du lot. Elle fait mine de ne pas écouter mais pourtant tout mon être me dit qu'elle est attentive, cela se sent à sa façon de se mouvoir, à sa façon d'éviter de regarder le crieur.

Intriguée je descends de mon perchoir et change d'apparence en vol, un aigle s'est envolé et une femme apparait, j'ai choisi mon apparence humaine complète aujourd'hui et j'enroule rapidement autour de mon visage un peu trop pâle un foulard beige qui me cachera des regards inquisiteurs. J'ai atterri dans une ruelle à l'écart, une ruelle vide à cette heure du jour, je sors de là et me dirige vers la place, vers la femme qui m'intrigue. Elle bouscule sans le vouloir une chimère que le crieur aperçoit. La chimère se dirige vers la taverne, je fais mine de m'intéresser à un étal de bijoux, observant du coin de l'oeil la femme qui écoutait sans en avoir l'air. Attendant de voir ce qu'elle fera.

C'est idiot de ma part, j'ai d'autres choses à faire, je ne suis pas venue ici en touriste, j'ai un message à délivrer, j'ai une mission à remplir et je dois rentrer prochainement en faisant un détour encore pour remplir une autre mission, mais je ne peux pas m'en empêcher. Je suis curieuse, je l'ai toujours été et cette femme qui écoute sans en avoir l'air a attiré mon attention sans le vouloir, sans que je puisse vraiment expliquer pourquoi. Après tout écouter les crieurs de vérité n'est pas vraiment bien vu et il est sain de faire comme elle si l'on espère vivre vieux. Non ce n'est pas cela qui m'a intriguée, j'ai du mal à mettre le doigt dessus. J'admire un collier de fausses pierres quand la réponse me parvient du fond de mon subconscient. Ce sont ses yeux, elle a les yeux émerveillés et candides d'une enfant et pourtant elle n'en est plus une depuis quelques temps déjà. C'est son regard qui a attiré le mien, qui a éveillé ma curiosité. Ce regard si jeune, si naïf, si ouvert.
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