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Alia - Soeur Itinérante

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Alia
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Celle-qui-écoute
SOEUR ITINERANTE
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AGE : 25
MESSAGES : 230
DATE D'INSCRIPTION : 15/08/2011

Personnage

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AGE: 27 ans
SURNOM: Celle-qui-écoute
PROFESSION: Soeur Itinérante
Celle-qui-écouteSOEUR ITINERANTE
Message Sujet: Alia - Soeur Itinérante | Dim 21 Mai - 11:42


Alia Ac'trian

« Apprend le silence et tu apprendras à entendre. »


Age : 27 ans
Surnom : Celle-qui-écoute

Nature : Originaire
Profession : Sœur Itinérante
Allégeance : Bene Gesserit

Objectifs : Parcourir le Royaume, surveiller, écouter les dernières rumeurs et en informer le Bene Gesserit si besoin. Enquêter plus spécifiquement sur le passé du Royaume, le tout sans éveiller l'attention de la Maison Mère. Alia souhaite aussi secrètement renouer avec ses racines Fremens ainsi qu'en apprendre davantage sur les Fragments.



Descriptions


Physique :
Alia possède un regard remarquable, attirant. Il possède le bleu de l’Ibad, celui des hommes du désert, les Fremens. Iris d’un bleu profond cerclé d’un anneau noir, ses yeux envoûtant sont encadrés de longs cils bruns. Rehaussés par de fins sourcils légèrement obliques, son regard a tendance à déstabiliser ceux qui le croisent. La plupart du temps, la jeune Bene Gesserit s’amuse à les maquiller en les ourlant de noir afin de renforcer l’intensité de ses yeux.


Les traits fins et harmonieux, le visage d’Alia révèle une certaine élégance. Son teint hâlé, légèrement doré, contraste avec le vermeil de ses lèvres finement ourlées. Assurément, elle possède une bouche charmeuse prompte à sourire et séduire. Autour de son nez, droit et discret, se trouvent une multitude de taches de rousseur, presque imperceptibles. D’un tempérament doux et rêveur, il n’est pas rare d’apercevoir un sourire léger et songeur sur les lèvres de la jeune femme.


Malgré ses origines Fremens, la chevelure d’Alia est bien plus claire que celle des hommes du désert. Elle est l’héritage de sa mère, une sorcière Bene Gesserit. D’un blond si clair qu’il en paraît presque blanc, ses cheveux cascadent librement jusqu’au creux de son dos. Il n’est pas rare d’apercevoir quelques reflets plus foncés jouer dans sa chevelure. A dire vrai, elle arbore une multitude de nuance, subtil mélange rappelant son métissage. La plupart du temps, Alia préfère laisser ses cheveux libres. Il peut lui arriver cependant de les nouer en un entrelacs de tresses ou de les orner d’un bandeau joliment brodé pour éviter que ses cheveux ne tombent sur son visage.

Souple et gracile, Alia possède une silhouette élancée, finement musclée. Ses épaules sont légèrement carrées et ses bras laissent percevoir des muscles saillants, entraînés. Son corps bien que svelte laisse transparaître une certaine force et vivacité. Initiée à la pratique prana-bindu, elle sait contrôler la moindre parcelle de son corps et solliciter la plupart de ses muscles. Du haut de ses 1m70, la jeune femme représente donc un adversaire redoutable au corps à corps.

Quant à sa démarche, elle demeure bien particulière. Les pas de la jeune femme se font glissants, presque inaudibles, animés d’une foulée agile. Lorsqu’elle se déplace dans les foules, Alia semble s’y fondre, s’y glisser sans difficulté. Elle évite souplement les obstacles, minimisant ses gestes et n’agissant qu’au dernier instant. Elle se sait silencieuse et aime jouer de cela avec ses interlocuteurs en les prenant à défaut, en apparaissant lorsqu’ils ne s’y attendent pas. Un détail, cependant, pourrait la trahir. C’est cette odeur subtile et presque imperceptible qui semble l’entourer.




Caractère :
D’une voix claire, souvent douce, Alia vous envoûte. Elle capte votre regard et ne semble plus vouloir le lâcher. Des sourires viennent animer ses lèvres, adoucir ses traits. Sa gestuelle vous trouble sans fournir de raison valable. Alia sait se montrer captivante. Pourtant, ce qu’elle préfère le plus, c’est la discrétion. Elle écoute, silencieuse, et vous observe. Rien ne semble échapper à ses observations. Les moindres détails s’inscrivent dans sa mémoire. Elle saura les retrouver, les mettre à nu et les utiliser en temps voulu. C’est là sa tâche, son plus grand don. Sa mémoire.

La jeune femme sait se montrer patiente et fait preuve d’un tempérament calme et réfléchi. Posée, elle aime analyser chaque situation afin d’en tirer le meilleur parti. Alia est avant tout un puissant stratège et une calculatrice hors pair. Sous des airs innocents et pensifs se cachent une jeune femme attentive et très réceptive. Alia déteste perdre pied, sentir les événements lui échapper. Elle a constamment besoin de ce sentiment de contrôle, lui permettant d’avoir prise sur l’instant présent. Ainsi, elle s’évertue à ce que chaque acte qu’elle effectue, chaque parole qu’elle prononce soit minutieusement calculée et modérée. En-là reposent les préceptes de la discipline Bene Gesserit. Cependant, un défaut n’a su être étouffé par le strict enseignement des sorcières : Alia fait preuve d’une ironie mordante. Il n’est pas rare de la voir débiter quelques sarcasmes et jouer des nerfs de ses interlocuteurs. Elle peut se montrer acide et impertinente, au plus grand désarroi de ses consœurs.

Ainsi, la jeune femme se trouve être un personnage relativement cérébral. Néanmoins, elle sait entrer en action et solliciter ses surprenantes capacités physiques lorsque la situation l’exige. Sûre d’elle et de sa maîtrise du Prada-Bindu, Alia n’hésitera pas à en user en cas de danger. Déterminée et perfectionniste, elle se donne toujours les moyens de parvenir à ses fins. Toutefois, Alia demeure d’un tempérament relativement doux et paisible. Introvertie et d’apparence timide, la jeune femme est particulièrement méfiante. Elle ne peut s’empêcher de décrypter chaque geste, chaque réaction. La jeune femme parvient donc difficilement à accorder sa confiance.

Elle n’en reste pas moins bien entourée. Alia a su tisser au fil des années un puissant réseau de relations, d’informateurs et d’espions. Bien entendu, elle s’est attirée quelques animosités et n’est pas à l’abri de certains soupçons. Mais ses capacités lui permettent de séduire, charmer ses convives et de percer leur réserve. Officiellement sœur itinérante, Alia fréquente aussi bien les cours des Maisons Nobles que la plèbe. Certains font appels à son savoir, aux informations qu’elle détient ou encore à ses capacités d’analyse. Ses prix, malheureusement, sont souvent bien onéreux. Il n’est donc pas rare de voir la jeune femme aux côtés de quelque puissant personnage en tant que conseillère.
-> A reprendre




Compléments

Capacités & Talents : Alia a été formée selon la discipline Bene Gesserit. Ainsi, elle possède des capacités physiques et sensorielles affutées. Concernant l’art du Prada-Bindu, la jeune femme le pratique régulièrement et depuis plusieurs années. Elle constitue donc un adversaire redoutable au corps à corps. Pour ce qui est de ses sens, Alia révèle un véritable don d’observation et d’analyse. Elle possède également une analyse et gestion de l’espace remarquables. Ces compétences lui permettent tant de se montrer une combattante hors-pair qu’une tacticienne brillante.

Comme toute Bene Gesserit, la jeune femme sait également analyser ses interlocuteurs en observant leur moindre geste. Elle perçoit cependant bien mieux la psychologie de son entourage en l’écoutant. Néanmoins, Alia n’est toujours pas parvenue au rang de Diseuse de Vérité. Elle ne peut complètement analyser un interlocuteur et trouver la vérité dans ses propos. Quelques rares Révérendes Mères parviennent à ce niveau de perception. Par ailleurs, la jeune femme ne maîtrise pas totalement la Voix. Elle en saisit les subtilités mais ne parvient à prendre le contrôle uniquement des esprits faibles. Elle sait cependant insuffler un sentiment ou une émotion chez son interlocuteur. En revanche, cette capacité requière une concentration absolue. Aucune émotion ne doit venir la perturber.

Mais la plus grande qualité de cette jeune femme repose dans sa discrétion. Elle sait se fondre dans les foules et passer totalement inaperçue dans certaines situations. Loin d’être un maître du déguisement ou du subterfuge, Alia sait tout simplement adapter ses attitudes et sa gestuelle de sorte à ne pas attirer l’attention de son entourage. Elle devient une ombre, un souvenir fugace que l’on chasse. Certains associent cette capacité à de la sorcellerie ou de la magie, frappés par l’habileté de la jeune femme à se faire oublier.
-> A reprendre

Possessions & Equipement : Alia opte toujours pour une tenue vestimentaire sobre et confortable. La plupart du temps, elle revêt une élégante tunique d’un bleu tirant sur le gris ainsi que d’un pantalon en toile épaisse assorti. D’une couleur unique, le vêtement possède des ourlets finement brodés d’un beige discret. A remarquer qu’Alia porte sous sa tunique, un plastron corseté en cuir. Ajoutez à cela une paire de bottes de marches élégantes et de bonne facture et une ceinture large en cuir. Lorsque le climat s’avère rude, la jeune femme opte pour une paire de gants fourrés, une capeline du même ton que sa tenue et pourvue d’un col en fourrure. N’étant guère de nature coquette, Alia ne porte aucun bijou sur elle.

Evidemment habituée à fréquenter les cours nobles, Alia adapte sa tenue aux circonstances. Il n’est donc pas rare de la voir revêtir des tenues plus raffinées et des robes soulignant sa beauté exotique. Cependant, la jeune femme ne s’encombre point de tels atours lorsqu’elle voyage. Il s’agit là de présents de ses hôtes ou d’achat qu’elle se contente de revendre une fois qu’elle reprend ses pérégrinations. A noter que la jeune femme préfère toutefois éviter les tenues trop voyantes ou trop élaborées.

Alia n’est pas une guerrière. Par conséquent, elle voyage la plupart du temps sans arme à l’exception d’un arc et d’une dague qu’elle garde coincée entre ses reins, attachée à la ceinture. Il s’agit d’une arme superbement équilibrée d’une facture remarquable, présent Norn, dont la lame est légèrement courbe et le fil unique. La garde reste cependant d’une simplicité déconcertante et n’attire point le regard. Une arme d’assassin en outre. Mais rassurez-vous, la jeune femme n’en fait rarement usage. Quant à l’arc, il n’a rien d’exceptionnel. Il s’agit d’un arc modeste dont les courbes gracieuses offrent une puissance intéressante. Léger, il n’est en rien une arme de guerre. Alia s’en sert essentiellement pour chasser. Ajoutez donc un carquois qu’elle portera dans le dos et une quinzaine de flèches tout au plus. L’empennage de celle-ci est blanc dont une seule plume est striée de rouge.

Enfin, ultime équipement, Alia ne se dépare pas d’une besace qu’elle porte en bandoulière. Elle contient quelques onguents et des herbes médicinales, le nécessaire pour voyager et un couteau de chasse.
-> A reprendre


Intérêts & loisirs : Alia n’a qu’une seule véritable passion : le voyage. Son esprit ne semble pouvoir s’attacher et exige sans cesse de contempler de nouveaux horizons. Elle apprécie voyager seule, à son rythme, et faire de multiples détours dans l’unique but de trouver un point de vue unique, inviolé. Par certains côtés, la jeune femme s’avère une véritable exploratrice. Et certaines découvertes lors de ses expéditions l’ont poussée à se renseigner et à plonger dans de très anciennes lectures. Il n’est donc pas rare de la croiser dans des salles d’archives poussiéreuses, désaffectées. Elle enquête sur le passé du Royaume, les mystères qu’entourent certaines ruines.


Histoire



« En fait, j’aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n’est pas une obligation. A vrai dire, il n’y a plus grand-chose qui garde un intérêt pour moi. La littérature, il se peut, et encore, je ne suis pas sûre que ce ne soit pas par habitude. Peut-être est-ce pour cela que je rédige ces souvenirs : pour me remuer le sang, voir si je peux encore ressentir quelque chose, si je sais encore souffrir un peu. Curieux exercice. »
Les Bienveillantes - Jonathan Littel

Il serait bien illusoire de parler de naissance ou même de conception. Il paraît inutile de revenir aux âges primaires et aux origines de mes concepteurs. Tout ceci ne représente qu’une partie infime du plan dans lequel mon existence prend part. Grain de sable dans l’univers relatif et incertain. Aucune destinée soigneusement tracée, au préalable. Seulement un rêve après lequel courir. Pourtant, en couchant ses mots sur le papier, j’ai la nette impression que je dois revenir sur les années qui ont tracées le début de mon existence.

Les faire resurgir de ma mémoire est troublant. J’ai l’impression de les observer au travers d’une fenêtre sale, embuée et de ne percevoir que des images aux contours abstraits. Non, pourtant, je n’ai rien oublié de ces années. Ma mémoire ne me le permettrait pas. Disons plutôt que j’ai l’impression d’observer les souvenirs d’une vieille connaissance. Un être que j’aurais perdu de vue, avec le temps, et dont la rencontre me paraîtrait incertaine, déplacée. Je réaliserai alors les différences qui nous bercent, nous éloignent. Vous avez déjà connu cela, n’est-ce pas, en retrouvant un ami du passé. Vous étiez surpris de vous revoir mais vous ne pouviez en concevoir une réelle joie. Il y avait ce malaise qui vous étreignez et cette distance qui comblait le poids des ans. Plus rien ne vous liait à cette personne si ce n’est quelques souvenirs communs.

Il en va de même lorsque je contemple l’enfant que j’étais. Me retourner sur ce passé n’est pas douloureux. C’est dérangeant, tout simplement.

Je suis née au cœur au cœur du désert, dans un endroit désolé dont l’humanité ne semble être invitée. Pourtant des hommes persistent à hanter un monde souterrain, vénérant l’unique créature régnant sur les étendues arides, Shai-Hulud. Lyet était un homme voguant entre deux mondes. Chevauchant les vers géant, il dominait les étendues désertiques ; évoluait au sein d’une communauté ancienne et recluse. Pourtant, il vivait du commerce avec la cité la plus proche, Arrakis. Ainsi, ce farouche Fremen se mêlait aux Harkonnens et échangeaient avec eux. Il contemplait les structures hétéroclites de la cité, échangeait avec des hommes issus de divers horizons et troquaient avec eux contre des denrées que le désert ne produisait guère. Les marchands ne sont guère appréciés chez les Fremens. Ils sont cependant respectés. Ils constituent le lien entre les Fremens et les peuples étrangers. Ils leur rappellent leur réclusion, leur exil et surtout leur dépendance. Car un Fremen est fier de sa liberté. Il se vante de chevaucher le seigneur du désert, de connaître l’antique Vérité et pourtant, il ne peut vivre sans Arrakis. L’ombre de la cité hante ses nuits et lui rappelle ses faiblesses.

Lyet était un homme pétri de contradictions. Conscient de son rôle au sein du Sietch, il était fier de ce qu’il lui apportait. Cependant, fréquenter la cité du désert et côtoyer les étrangers attisaient d’autres curiosités. Il s’imaginait parfois à quoi pouvait ressembler un lac, l’océan ou encore une forêt. Il n’avait que le récit des voyageurs pour tenter d’esquisser ces paysages. Il sentait l’imperfection de ses créations et en éprouvait un profond désarroi.

Evidemment, de tout cela, il n’en parlait à personne. Lyet se confinait dans sa solitude, ultime refuge. Et puis il y eu l’arrivée de la sorcière. Les Bene Gesserit n’étaient pas repoussées lorsqu’elle passait le pas d’un Sietch. Le simple fait, même, qu’elle y soit parvenu suffisait à gagner le respect de ses habitants. Elles n’y séjournaient jamais longtemps en revanche. Elle posait quelques questions, observaient les enfants et rendaient de menus services, à la hauteur de leurs moyens. Les Fremens appréciaient lorsqu’elles comptaient le monde, qu’elle revenait sur leur origine. Ils souriaient doucement aussi parce que les sorcières savantes ne savaient pas tout. Leur récit était lacunaire. Ils détenaient l’antique vérité, celle que nul étranger ne devait connaître.

Et puis l’âme curieuse de Lyet le poussa à s’approcher davantage d’une sœur itinérante. Elle avait fait halte quelques temps. L’esprit original du Fremen lui plut. Ils parlaient souvent. Sans doute Lyet en révéla trop sur les Fremens. Les regards de ses pairs se faisaient réprobateurs. La sorcière se montrait discrète et adroite cependant. Elle resta plus longtemps qu’elle ne l’avait prévu et eu un enfant avec le marchand Fremen. C’était une fillette dont les yeux d’un bleu intense, héritage du désert, contrastait avec la chevelure claire. Lyet était fier de sa fille, terriblement heureux aux côtés de la sorcière aux savoirs infinis.

Je ne saurais ma mère fut véritablement amoureuse. Elle paraissait épanouie cependant. Je veux dire, avec le temps, je réalise qu’à certains moments, elle irradiait un sentiment réel de bien-être. La plupart du temps, du fait de son conditionnement Bene Gesserit, elle contrôlait trop bien ses agissements pour que l’on puisse deviner ses réelles pensées. Mais aux côtés de Lyet, je me surprends à croire qu’elle en venait parfois à se dévoiler plus que nécessaire. Pour ma part, je grandis dans une ambiance chaleureuse. Les enfants Fremens sont peu nombreux et toujours accueillis comme une bénédiction du dieu vers. Tandis que ma mère m’enseignait l’histoire du Royaume, mon père me faisait découvrir les mystères du désert. Je sortais rarement du Sietch. Je me souvins la fois où il m’emmena avec lui à Arrakis. Ma mère s’était d’abord opposée, j’étais trop jeune pour marcher dans le désert. Puis elle céda sous les insistances de Lyet, soudainement résignée. J’appris par la suite la raison de sa concession. Mais revenons-en à Arrakis découverte par les yeux d’une fillette qui n’avait connu que l’aridité du désert et la quiétude du Sietch. Je découvrais avec un regard neuf, émerveillé et craintif cette cité qui engloutissait les hommes venus de divers horizons. Je surprenais des accents étranges, des gestuelles que je ne comprenais pas. Les regards s’attardaient sur mes yeux puis revenaient sur ceux de l’homme qui me tenait la main avec une légère grimace parfois.

Ce fut mon géniteur qui m’initia à cette soif de découverte. Lui qui ne connaissait que les vastes étendues désertiques implanta en moi le désir de parcourir le royaume, de graver dans ma mémoire les paysages qui défileraient sous mes pas. Ce voyage à Arrakis signa également la fin de mon existence en tant que Fremen. Quelques mois plus tard, une Bene Gesserit rejoignit le Sietch pour une halte. Elle s’entretint longtemps avec ma mère. L’accord fut passé. Je devais rejoindre le temple Bene Gesserit pour y suivre une formation.

Ma mère me parla longtemps, m’expliquant ce qui m’attendait. Je la contemplais, allongée dans ma couche, immobile. J’écarquillais les yeux pour deviner sa silhouette dans la pénombre, effrayée à l’idée de ne plus l’apercevoir. Sa voix me rassura et me berça. Je m’endormis ainsi, intriguée par ce que me réservais les jours suivants ; et craintive à l’idée de quitter le monde que j’avais toujours connu. Mon père, lui, me veilla une partie de la nuit. Je n’en ai que la certitude. J’ai cru percevoir son souffle tout près de moi dans mes rêves. Entendre sa voix qui me parlait tout bas, pour ne pas éveiller l’esprit qui dort. Cette nuit-là, pour la première fois, j’ai rêvé chevaucher un vers géant.

Le lendemain, mon père me fit des adieux quelques peu distants. Un Fremen ne montre pas sa peine. Les larmes, quant à elles, sont trop précieuses pour être versées. Ma mère se coiffa de dignité et posa une main rassurante sur mon épaule, effleura ma joue et me murmura ses dernières bénédictions. Le Sietch entier s’était rassemblé pour mon départ. Je marchais, la main serrée dans celle de la sorcière itinérante, et je contemplai tous ces visages familiers avec stupéfaction. A mon passage, il levait la main en un signe bien particulier. Un geste d’adieu, celui que l’on adresse pour la dernière fois aux êtres chers.

Aux yeux de mon peuple, je mourrai.

*
**

Il n’est plus rien à raconter de ce passé. Quelques éclats de souvenirs pourraient vous retracer un quotidien désormais révolu. Un jour, certainement, je les écrirai. Mais il me semble à présent nécessaire de renouer avec ma véritable existence, celle qui tisse l’être qui s’adresse à vous, vénérable lecteur.

Je continuerai donc ce récit à mon Eveil. Il ne s’agit pas celui où l’être nouveau prend conscience pour la première fois de son corps et de son entourage. Non, c’est un stade bien plus évolué où l’être peut alors associer la réalité à son corps et son esprit. C’est prendre véritablement conscience de ses facultés afin de les pousser à leurs extrêmes.

A l’âge de cinq ans, je subis donc mon véritable éveil, cette seconde naissance qui n’est offerte qu’à très peu d’êtres conscients. Non pas qu’ils n’en sont pas capables, c’est simplement une question d’éducation, de patience et d’opportunité rare. En effet, seuls quelques enfants sont soigneusement choisis pour devenir Disciple Bene Gesserit. Et tous ne parviennent pas à accomplir la formation. Il s'agit d'un véritable honneur pour les familles que de voir leur progéniture intégrer l'Ordre. Dès mon Eveil, commença la seule et véritable éducation qui me fut offerte.

Issue des confins du désert, née au cœur d’un Sietch Fremen, ma mère était une sorcière Bene Gesserit. A l’âge de cinq ans, elle me confia à l’Ordre, reconnaissant des capacités latentes intéressantes. Dès lors, je fus envoyée dans des terres que les cartes ne désignent pas, les terres inconnues. Là-bas se dresse un temple immense réunissant les mystérieuses sorcières Bene Gesserit. Ce fut donc au sein de l'Ordre que je connu mon Eveil et fut instruite selon une discipline ancienne et sévère. L’Ordre était dirigé par des érudites possédant un savoir presque sans limite. Elles avaient su reconnaître les véritables capacités de l’être humain et les pousser à leur paroxysme, associant à la perfection le corps et l’esprit. Les Acolytes formés par l’Ordre étaient destinés à être avant tout des historiennes recensant l’histoire de ce monde. Nombres d'Acolytes, à la fin de leur formation, étaient envoyées au-delà des terres inconnues, dans le Royaume d'Inverness. Elles étaient chargées de graver dans leur fantastique mémoire tout ce qu’elles pouvaient observer. Arrivés au terme de leur vie, elles retranscrivaient alors leur fabuleux savoir afin de le mêler aux impressionnantes archives de l’Ordre Bene Gesserit.

Reconnues de tous pour leurs fabuleuses capacités, les Bene Gesserit sont craintes et respectées au sein du Royaume d'Inverness. Le Créateur lui-même bénéficie des conseils avisés d'une Révérende Mère. Les Bene Gesserit agissent dans l'ombre de la Noblesse et influence les hommes puissants. Diseuse de vérité et Oracle pour certaines, leur talents sont extrêmement demandés.

Au cours de mon éducation, on m’apprit à maîtriser chaque parcelle de mon corps. A mesure que celui-ci s’endurcissait, je pratiquais une rigoureuse formation de mon esprit. Mes sentiments ne devaient en aucun cas dicter seuls mes réactions. Le contrôle et la maîtrise étaient les mots clés de cette discipline que l’on m’enseigna. On m’apprit également à observer attentivement, graver chaque détail dans ma mémoire et analyser toutes les situations qui pouvaient s’offrir à moi. Un véritable historien devait être capable d’emmagasiner une multitude d’informations et d’en dérouler des fils logiques. Je devais être capable de véritables computations afin, qu’à partir d’infimes détails, je puisse tirer la vérité de chaque acte.

L’exercice fut difficile mais au terme d’une dizaine d’années, je parvins à maîtriser ces capacités d’observation et d’analyse. Chaque jour, le but de mon existence était profondément gravé mon esprit afin que jamais je n’oublie la véritable raison de ces enseignements. Le détachement devait être complet afin de ne jamais voiler mes capacités d’analyse. Développant de véritables dons au niveau de la compréhension auditive, ma formation fut ensuite dirigée vers l’écoute afin de déceler les failles dans les voix et les langues les plus subtiles. M’encourageant dans cette perspective, il me fut enseigné les subtilités de la musique et la maîtrise de quelques instruments de musique.

Associer la musique et le combat fut pour moi une chose particulièrement bénéfique. Atteignant un véritable état de contemplation sereine, on jugea ma formation achevée à l’âge de vingt ans. Evidemment, mon éducation, quant à elle, ne faisait que commencer. La vie avait suffisamment à m’apprendre pour que je puisse être encore étonnée et surprise.

Ce savoir remis entre mes mains, je fus ensuite lancée au sein de ce monde qu’est le vôtre. Il ne me restait plus qu’à le découvrir et à en déceler les moindres subtilités. L’avenir flou et incertain s’offrait à moi. Cela fait maintenant plusieurs années que j'arpente le Royaume d'Inverness. Soeur itinérante, je suis chargée d'observer l'homme et de trouver de potentielles recrues pour l'Ordre. Contrairement aux autres Bene Gesserit, je dois rester discrète sur ma nature et observer dans l'ombre. Tapie dans les ténèbres, j'observe.



Et toi ?


Pseudonyme : Alia c'pas mal. On m'appelle aussi Abysse dans d'autres univers.
Parle-nous de toi ! Etudiante, bientôt ingénieure dans le BTP, je suis une créature étrange et touche-à-tout qui possède bien trop de passions pour que les journées de 24h soient tout à fait reposantes.
Comment as-tu connu ce forum ? Hé bien, si c'est encore un mystère pour vous, sachez que je suis la créatrice de ce forum. Si j'ai une certaine expérience en terme d'administration de fora, celui-ci est mon unique création mais, avec la relance, j'ai décidé d'en partager la refonte et la création de sorte qu'il devienne un peu la création de plusieurs esprits imaginatifs. Pour la petite histoire, sachez que l'idée de ce forum m'est initialement venue dans un rêve. Oui, oui, c'est même pour cela que j'ai tenu à inclure cette dimension dans le titre du forum. Pour la création de l'univers, je me suis également beaucoup inspirée d'univers et de lectures qui m'ont passionnées et marquées : de la saga Dune de F. Herbert aux écrits de Lovecraft en passant par les jeux vidéos GuildWars.
Autre chose ? Oh je crois que j'écris déjà bien assez, non ? smile

Avez-vous consulté le Règlement ? Je vais vous avouer une chose, c'est moi qui l'ai rédigé D=


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Alia - Soeur Itinérante




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